Gâteau frégate
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Pimp Daddy tient simplement à prendre un moment pour dire que c’est l’une des créations géantes les plus appliquées, habiles et impressionnantes qu’il ait vues à ce jour. C’est pourquoi il lui a attribué un rare 10/10. Yaaaaaarrr ! |
Ohé, matelots ! Vent en poupe, moussaillons !
Tard un soir, dans le métro, une gourgandine de notre connaissance nous a envoyé une bordée complète sur nos talents culinaires. Pour relever le défi, et à cause d’une obsession totale pour les grands voiliers, nous avons proclamé que pour son anniversaire, dans deux semaines, elle aurait droit au gâteau d’anniversaire le plus gigantesque et le plus impressionnant qu’elle ait jamais vu, en forme de frégate du 18e siècle. Quelques jours plus tard, un ami nous a indiqué ce site. C’était écrit.
Il a fallu beaucoup expérimenter. Le premier problème, c’était le mât, qui exigeait quelque chose d’assez solide, mais bien sûr comestible. Un saut rapide à la confiserie nous a permis de rapporter des « câbles » : des cylindres colorés très longs et épais, mais un peu mollassons. Comment les durcir ? Dans le plus pur esprit de la recherche scientifique, on en a mis un au congélateur et un au four à basse température, pour voir ce qui se passerait.

Le congélateur : le câble a durci un moment, mais il a dégelé assez vite. Pas une réussite.
Le four : à basse température, le câble a fondu en une grosse bouillie collante et gluante. Le second a eu beau faire remarquer qu’une fois raclée du four, la mélasse était en fait bien plus dure, l’expression « désastre absolu » résonnait encore.
Idée numéro deux : du chocolat massif ! Retour à la confiserie pour un peu du meilleur de Cadbury. Maintenant, qu’utiliser comme moule ? Un achat génial chez Sainsbury’s s’annonçait prometteur : un set de cricket en plastique à 2,99 £, avec trois piquets de cricket creux en plastique !

Couper une extrémité du piquet. Faire fondre le chocolat en suivant scrupuleusement la technique du bol-dans-la-casserole-d’eau perfectionnée sur ce site. Verser dans le piquet. Boire un verre pour fêter ça et aller se coucher. Ignorer les remarques de la copine du second, qui fait observer que sortir un mât en chocolat massif du moule risque de poser problème, et parier sur les chances de succès.

Le lendemain matin : le second doit cinq livres à sa copine. L’expédition de découpe est un désastre absolu : ni l’idée de verser de l’eau chaude dessus, ni celle de découper le moule n’ont empêché le résultat de ressembler remarquablement à la partie basse du tube digestif. Le moral en prend un coup, mais l’esprit combatif survit. Retour à la planche à dessin.

Révélation : si au début vous ne réussissez pas, trichez. Décision : les mâts définitifs seront les câbles d’origine, avec des baguettes de bambou enfoncées dedans pour les rigidifier. Plus qu’un jour : il est temps de s’y mettre ! Un dernier passage à la confiserie pour un sac de bonbons vraiment énorme, avec des câbles, des cordes de réglisse, des canons en réglisse et diverses créatures marines.
C’est la génoise Victoria sponge qui est retenue. Le second récupère les ingrédients, les moules, etc., et se met à touiller une vraie tempête.


Le capitaine, absent, entend parler de gâteaux qui ne sortent pas des moules en un seul morceau et d’un désastre imminent.

Le second se rattrape avec un énième passage chez Sainsbury’s, où il achète plusieurs gâteaux madère tout faits. Notre réputation culinaire en prend encore un coup.

Façonnage du gâteau : fait ! Diverses confitures servent de colle universelle. Une image du HMS Victory sert de modèle.



De la pâte à sucre toute prête sert pour les couleurs en « damier Nelson ». D’abord, on pose le noir. Étaler la pâte. Appliquer généreusement la colle. Coller et tapoter. Fait !

Le capitaine arrive et commence à préparer le gréement. Les mâts sont fabriqués, puis les vergues y sont fixées avec de la corde de réglisse.

Pendant ce temps, le second pose les bandes de course jaunes. Ça fait aller plus vite !

Il faut un outil adapté pour percer des trous en forme de canon dans le flanc du navire : un stylo est sacrifié pour la bonne cause, et le navire commence à s’armer.

Le plateau utilisé était un autre achat génial, là encore à 2,99 £, cette fois un barbecue jetable. Le charbon, etc., est retiré et mis de côté au cas où on aurait un jour besoin de se noircir le visage. Les canons sont terminés et, avec un peu plus de pâte à sucre, la frégate a fière allure.

Le capitaine s’active furieusement sur les mâts et cherche comment fixer les voiles en papier azyme aux vergues avec de la réglisse. Après quelques tâtonnements, le mât d’artimon est terminé.

La technique du capitaine pour fabriquer les voiles s’améliore : toutes les voiles carrées finissent par être prêtes, et les mâts sont en place ! Le beaupré est enfoncé, et c’est l’heure de la double ration de rhum ! La corde de réglisse est tendue en haut de tous les mâts.

Le second s’attelle à étaler un énorme saladier de gelée verte préparé à l’avance pour faire la mer, pendant que le capitaine termine la voilure avec un foc et une brigantine.

Elle tiendra la mer, capitaine !



Après avoir très, très prudemment transporté le navire à travers Camden jusque chez la gourgandine d’origine, nous récoltons la monnaie de notre pièce montée…

Quelques dégâts de bataille : l’incontournable photo en coupe.

